béton bas carbone

Les professionnels du béton souhaitent un dialogue constructif concernant les arbitrages de la future réglementation environnementale 2020 (RE 2020). Ils mettent en avant les atouts de ce matériau pour réduire l’empreinte carbone dans le secteur du bâtiment. Le béton bas carbone pourrait devenir, à terme, une obligation. Une perspective qui ne satisfait pas tous les acteurs industriels.

Les professionnels du béton souhaitent un dialogue éclairé

Depuis les ultimes arbitrages relatifs à la future RE 2020, qui devrait entrer en vigueur à partir de l’été prochain, les discussions sont assez houleuses. Les débats ont vite opposé deux catégories d’industriels. La division est assez marquée entre les représentants de l’électricité et des matériaux biosourcés (comme le bois) d’une part et le secteur du gaz et des matériaux tels que le béton et l’acier d’autre part. Les représentants de la filière du béton considèrent qu’un « dialogue documenté » est nécessaire sur les différents enjeux de la réglementation environnementale 2020, et souligne que ce matériau contribuera fortement à la baisse de l’empreinte carbone dans le domaine de la construction. Il est vrai que différents paramètres peuvent faire varier les émissions, c’est le cas des matériaux, mais aussi des moyens de transport utilisés. Sur un chantier, le ciment est transporté par les véhicules poids-lourds. Ils se doivent d’être parfaitement entretenus. La batterie poids-lourds par exemple doit être parfaitement opérationnelle, tout comme les autres équipements du camion. Quoi qu’il en soit jusqu’à présent la question de définition d’un béton bas carbone reste épineuse.

Qu’est-ce qu’un béton bas carbone ?

Il n’y a pas de définition précise d’un béton considéré comme bas carbone. Toutefois, le poids carbone moyen du béton est d’à peu près 210 kgCO2e/m3 et la norme européenne indique un palier pour un ciment vert qui se situe à 174 kgCO2e/m3 de béton. Les professionnels du secteur ont travaillé pour se mettre d’accord sur ce que pourrait être une définition d’un béton bas carbone. À horizon 2030, un béton conforme aux exigences environnementales pourrait afficher une intensité carbone à hauteur de 135 kgCO2e/m3. D’ici 2050, de nouveaux matériaux devront être conçus pour parvenir à une neutralité carbone.

Quels sont les ciments alternatifs ?

Différents ciments constituent déjà de belles alternatives et correspondent à ces nouvelles normes comme ceux à base de métakaolins ou ceux qui emploient la géopolymérisation. Cette dernière technique permet de limiter la consommation d’énergie au cours de la production et les émissions de CO2. Ce ciment est très résistant et peut fixer des métaux lourds. Au sujet des ciments à base de métakaolins, une nouvelle norme devrait être fixée dès l’année prochaine pour augmenter le seuil de substitution de ciment. D’ailleurs, la société du Grand Paris a démarré plusieurs chantiers en intégrant les études réalisées avec le métakaolin.

Le conseil supérieur de la construction appelle à une co-construction des normes

De son côté, le Conseil supérieur de la construction souhaite des ajustements notables et appelle de ses vœux une co-construction des normes sur l’ensemble des règlementations à venir. En effet, la RE 2020 envisagée par le gouvernement, inquiète une part des professionnels qui redoutent une baisse des constructions neuves dès 2021.

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