L’émergence de nouveaux matériaux combinée à l’apparition de nouvelles technologies est sur le point de révolutionner de nombreux domaines. Aéronautique, microélectronique, construction, mais aussi médecine, sont autant de secteurs qui voient leurs méthodologies évoluer à grande vitesse et au rythme des chamboulements technologiques.
Mais les secteurs de pointe ne sont pas les seuls qui sont impactés fortement par ces avancées. En effet, des métiers moins sensibles à la technologie semblent eux-aussi connaître de profondes mutations, ou apparaissent sur le point de les subir. Ainsi, la maçonnerie dispose chaque année de nouveaux bétons, la peinture de nouvelles matières et de nouvelles textures, et le déménagement pourrait rapidement disposer de camions autonomes.

Des évolutions inévitables

Il est aujourd’hui clair que la vitesse avec laquelle se produisent ces évolutions ne peut être ralentie, et que cela devient un enjeu majeur pour tous les artisans de s’adapter à toutes les nouveautés qui seront proposées dans leur corps de métier afin de rester compétitifs. Cela a été le cas avec l’apparition d’internet, qui a contraint l’immense majorité des entreprises à basculer vers le numérique, et qui a condamné nombre de firmes n’ayant pas su s’adapter.
La révolution actuelle porte davantage sur les outils, qui se veulent plus connectés, plus souples et plus en adéquation avec les besoins des clients. Etre en mesure d’adopter ces nouvelles méthodes, c’est se garantir la possibilité de continuer à faire des affaires sans subir trop fortement la concurrence d’entreprises qui viendront se placer sur des niches auparavant inaccessibles, mais ouvertes par la digitalisation ou la démocratisation de matériaux jusque là très onéreux.

La manutention épargnée par ces mutations

La manutention échappe pour le moment à ce constat. Effectivement, ce secteur qui repose actuellement à 80% sur la force et la motricité humaine ne semble pas directement impacté par les bouleversements technologiques. Les sangles et les gants de manutentions ont ainsi une large espérance de vie devant eux.

Toutefois, le futur nous réserve quelques surprises, et il y a fort à parier que des changements majeurs viendront modifier en profondeur ce secteur aussi. Au programme, et de manière purement prospective, nous nous sommes entretenus avec plusieurs dirigeants de PME et de TPE dont l’objet social est le déménagement ou le débarras. Il ressort que la plupart (85%) ne voient pas de changements majeurs se profiler à horizon 2025, et qu’ils sont tout autant à penser que leur métier n’évoluera pas du tout d’ici à 2030 (88%).
Lorsque nous évoquons le futur et les diverses possibilités offertes par les développement scientifiques actuels, peu nombreux sont les entrepreneurs à croire en un avenir très différent. Aussi, seuls 15% environ croient en l’utilisation de véhicules autonomes pour la réalisation de travaux de débarras et de déménagement, et moins de 5% osent imaginer une inclusion d’une technologie complètement innovante, telle que l’exosquelette, dans leur quotidien professionnel.

Au final, c’est Matthieu Ramillien, dirigeant de la société Hexa débarras, entreprise spécialiste du débarras de maison basée à Grenoble, qui nous livre le point de vue le plus ambitieux :
« Il est, de mon point de vue, certain que le futur permettra à notre métier de changer. La manutention ne restera pas éternellement un métier de force, et se reposera de plus en plus sur l’usage d’outils n’existant pas encore. Je pense personnellement que d’ici 5 ans, nous disposerons toujours des mêmes modes de production, mais que cela ne sera plus forcément le cas dans 10 ans. Pour le débarras, nous avons déjà pu voir l’apparition du web, qui a intégralement transformé le rapport au client. Cette révolution s’est faite en quelques années seulement, alors que personne ne l’attendait. Alors pourquoi pas une autre révolution que l’on ne verrait pas du tout venir? »

En conclusion, nous pouvons affirmer que, si l’évolution technologique n’impacte pas encore le milieu de la manutention, il semble clair que celui-ci sera amené à changer à moyen terme. Le problème demeure l’aversion affichée de la majorité des patrons d’entreprises de déménagement et de débarras à prendre en considération cet élément dans le développement de leur société, ce qui peut laisser espérer de nombreuses opportunités dans ces domaines.

Article consulté 931 fois.